En ce beau vendredi de la fin mars, je me remets enfin en selle. Après une longue pause nécessaire, je n’avais tout simplement pas le choix de couvrir cette soirée metal au CENTRE VIDÉOTRON. Je vais être honnête, je renoue tranquillement avec mes premières amours, après m’être concentrée pendant plusieurs années sur le punk et le hardcore. Je connais très peu la tête d’affiche, mais CARCASS et CANNIBAL CORPSE ont longtemps fait partie de mes groupes favoris.
CARCASS
C’est le groupe britannique CARCASS qui a ouvert devant un CENTRE VIDÉOTRON qui se remplissait tranquillement. Malgré tout, il y avait plusieurs fans qui étaient là pour eux et ils ont été chaleureusement accueillis.
Bien que leur musique soit étiquetée comme du death mélodique, à mon avis c’est bien plus que ça. On peut entendre diverses influences, comme du thrash et même, à quelques occasions, des structures qui tendent vers le progressif.
Quoi qu’il en soit, les gars sont d’une précision chirurgicale (référence ici à l’album Surgical Steel). Ils ont toujours cette présence et ce son unique qui les caractérise.
Et le vocal de Jeff Walker est toujours aussi excellent : grave mais clair et compréhensible à la fois. Qu’est-ce que j’aime son vocal!
CANNIBAL CORPSE
Dès l’arrivée des membres sur scène, la foule s’est soulevée.
La première note fut accompagnée par les tignasses de George (voix), Alex (basse) et Rob (guitare rythmique) qui tournoyaient à défier les lois de la physique.
Le groupe a fait le bonheur des fans avec des pièces provenant principalement des derniers albums pour commencer. J’ai toujours aimé le death metal, l’alternance des riffs rapides et des riffs plus lents, pesants mais également plus techniques. Mais ce soir, je ne sais pas, j’avais l’impression que certains des riffs lents étaient un peu trop longs, je décrochais. Ensuite, j’ai eu l’impression que la performance était scindée en deux parties distinctes. La première partie, j’étais ambivalente. Puis tout d’un coup, c’est comme si les gars venaient de se réveiller et ont tout donné pour la dernière partie, qui était agressive à souhait.
George a profité d’une pause pour nous dire qu’il vient de remarquer que plus personne ne faisait de headbang. Puis, il a compris : « It’s because of me! Because I’m the best! » avant de s’esclaffer (« C’est à cause de moi! Parce que je suis le meilleur! »).
Il parlé quelques instants avant de faire sa mythique introduction de « Unseashig the Bloodthirsty »et à ce moment-là, j’ai eu la sensation de reconnecter avec le CANNIBAL CORPSE de mon « adulescence ». C’est-à-dire avec plus de vitesse, frôlant parfois le grindcore avec un jeu de pédale au « bass drum » de Paul Mazurkiewicz complètement fou.
D’où j’étais, je peux confirmer que la foule s’est donnée aussi, alternant circle pits et moshpits.
MESHUGGAH
Ma connaissance du groupe MESHUGGAH date d’une époque où je vivais dans un certain brouillard (…). Donc ce soir, c’est comme si je les découvrais réellement.
Les Suédois ont généralement l’art de manier le son et de se distinguer, particulièrement dans le metal. Les gars de MESHUGGAH ne font pas exception. Ils sont allés chercher des influences de death, de thrash, même de fuzz, tout ça pour en faire un genre de metal progressif à la fois rapide, pesant et recherché. Les beats changent sans que l’on ressente un « décrochage » à proprement parler. C’est vraiment un art à part. Et la voix du chanteur se marie parfaitement à tout ça.
MESHUGGAH semble avoir tout misé sur l’effet son et lumières. Une petite souris m’a dit que c’est d’ailleurs le frère du batteur qui est l’artiste éclairagiste du groupe. Fantastique pour le public, un cauchemar pour les photographes! (Clin d’œil à MED et les autres collègues qui étaient là.)
C’est pas mal mon seul bémol, puisque je trouve les membres du groupe trop statiques à mon goût. En fait, les deux guitaristes, le bassiste et le chanteur sont bien alignés à l’avant de la scène, à distance égale, chacun devant son moniteur, sur une espèce de tapis noir et personne n’en sort. Je conçois que lors des partitions complexes les musiciens restent concentrés. Mais ils pourraient tout de même profiter de certains moments pour se déplacer, avoir un contact avec leur public. C’est d’ailleurs ce que je reproche à plusieurs groupes metal : un manque de présence, de prestance sur scène. Sans les jeux de lumières, il manquerait clairement quelque chose.
Remarquez qu’on pourrait peut-être mieux voir le jeu du batteur, Thomas Haake, qui est sans contredit le membre du groupe qui bouge le plus. On dirait une pieuvre tellement il est partout à la fois et nous mitraille le rythme avec la précision d’un métronome. Qu’est-ce qu’il est impressionnant, lorsqu’il joue à contretemps, lors des changements de rythmes, avant de « rattraper » les gars aux cordes à la portée suivante.
Finalement, malgré cette immobilité, MESHUGGAH a su venir me chercher, car il faut se le dire, c’est un groupe extrêmement talentueux. Je qualifierais la complexité de leur musique d’intelligence artistique.
Bref, ce fut une soirée de type montagnes russes. Mais je suis heureuse d’être de retour et d’avoir pu voir un de mes groupes favoris comme première grosse couverture de 2025.
TEXTE : MAUD LÉGARÉ | CHICKS ROCK MEDIA
PHOTOS : MARIE-EVE DESMEULES | CHICKS ROCK MEDIA
Setlist CARCASS
Unfit for Human Consumption
Buried Dreams
Incarnated Solvent Abuse
No Love Lost
Corporal Jigsore Quandary
Heartwork
Tools of the Trade
(avec outro de Carneous Cacoffiny)
Setlist CANNIBAL CORPSE
Scourge of Iron
Blood Blind
Inhumane Harvest
Evisceration Plague
Death Walking Terror
Unleashing the Bloodthirsty
Summoned for Sacrifice
I Cum Blood
Stripped, Raped and Strangled
Hammer Smashed Face
Setlist MESHUGGAH
Broken Cog
Violent Sleep of Reason
Rational Gaze
Combustion
Kaleidoscope
God He Sees in Mirrors
Lethargica
Born in Dissonance
Dancers to a Discordant System
Swarm
Future Breed Machine
[rappel]
Bleed
Demiurge
+++
On this beautiful Friday at the end of March, I’m finally back in the saddle. After a long and necessary break, I simply had no choice but to cover this metal night at the CENTRE VIDÉOTRON. I’ll be honest, I’m slowly going back to my “first love”, after focusing on punk and hardcore for several years. I know very little about the headliners, but CARCASS and CANNIBAL CORPSE have long been among my favorite bands.
CARCASS
British band CARCASS opened in a Centre Videotron that was getting full slowly but surely. Despite this, many fans were there for them, and they were warmly welcomed. Although their music is labeled as melodic death, in my opinion it’s much more than that. You can hear various influences, such as thrash and even, on a few occasions, structures that tend towards prog metal. Whatever the case, the guys are surgically precise (reference here to the Surgical Steel album). They still have that unmistakable presence and sound. And Jeff Walker’s voice is as excellent as ever: low, yet clear and understandable. I just love his voice!
CANNIBAL CORPSE
As soon as the band took to the stage, the crowd went wild. The first note was thrown in with the twirling hair of George (vocals), Alex (bass) and Rob (rhythm guitar), as if in defiance of the laws of physics. To start with, the band kept the fans happy with songs mainly from their latest albums. I’ve always loved death metal, the alternating of fast riffs and slower, heavier but also more technical ones. But tonight, I’m not sure, I had the impression that some of the slower riffs were a little too long, and I just kind of “stalled ”. Then, I had the impression that the performance was split into two distinct parts. I was ambivalent during the first part. Then, all of a sudden, it was as if the guys had just woken up and they gave it their all for the last part, which was aggressive as hell. George took a break to tell us that he’d just noticed that nobody was headbanging anymore. Then he realized: “It’s because of me! Because I’m the best!” before laughing out loud. He spoke for a few moments before doing his mythical introduction to “Unleashig the Bloodthirsty”, and at that moment, I had the feeling of reconnecting with the CANNIBAL CORPSE of my early twenties. That is, with more speed, sometimes verging towards grindcore with Paul Mazurkiewicz’s crazy pedal playing on the bass drum. From where I was, I can confirm that the crowd gave it their all, alternating circle pits and moshpits.
MESHUGGAH
I remember MESHUGGAH from a time when I was living through a certain kind of fog (oops…). So tonight, it’s as if I were really discovering them.
The Swedes generally have a knack for handling sound and standing out, especially in metal. MESHUGGAH are no exception. They’ve picked up influences from death, thrash and even fuzz, all to create a kind of progressive metal that’s fast, heavy and sophisticated. The beats change, but you don’t really feel any drop. It really is an art in itself. And the singer’s voice blends in perfectly. MESHUGGAH seems to have gone all out for sound and light effects. A little bird told me that the drummer’s brother is the band’s lighting artist. Fantastic for the audience, but a nightmare for the photographers! (Thumbs up to MED and other colleagues who were there).
That’s the only downside in my opinion, since I find the band members too static for my taste. In fact, the two guitarists, the bassist and the singer are lined up at the front of the stage, at equal distance, each in front of his monitor, on a sort of black carpet, and no one leaves it. I can understand why the musicians have to stay focused during complex scores. But they could still take advantage of certain moments to move around, to make contact with their audience. In fact, that’s one complaint I have with many metal bands: a lack of presence, or prestance on stage. Without the lighting effects, something would clearly be missing.
It’s worth noting that the drummer, Thomas Haake, who is unquestionably the band member who moves the most, could perhaps be better seen. He’s like an octopus, everywhere at once, pounding out the rhythm with the precision of a metronome. He’s also impressive when he plays off-beat during rhythm changes, before “catching” the guys on strings on the following staff. In the end, despite this immobility, MESHUGGAH managed to pick me up, because let’s face it, they’re an extremely talented band. I’d describe the complexity of their music as artistic intelligence.
In short, it was a rollercoaster kind of evening. But I’m glad to be back and to have been able to see one of my favorite bands as the first big review of 2025.
TEXTE : MAUD LÉGARÉ | CHICKS ROCK MEDIA
PHOTOS : MARIE-EVE DESMEULES | CHICKS ROCK MEDIA